Le département du Gard, son histoire

Pour toutes les personnes férues d’histoire, de culture ou de nature, c’est la zone idéale à visiter pour les prochaines vacances. Le département du Gard offre réellement de belles surprises. Petit tour alors sur son histoire palpitante.

XVIe – XIXe siècles

Au XVe siècle et au XVIIe siècle, trois diocèses, ceux de Nîmes, d’Alais et d’Uzès furent le théâtre de conflits religieux. Les protestants ont connu d’importantes persécutions malgré leur très grand nombre dans la région. Certains d’entre eux furent convertis grâce à des missions de catholiques accompagnées de soldat, mais la majorité s’expatria vers d’autres horizons ou préféra devenir des martyrs.

Les exactions commises à l’encontre de cette communauté protestante comptaient la dégradation de leur lieu de culte, la mise à mort ou l’exile de leur pasteur, l’arrestation et la mise au trou de femmes, enfants ou encore de vieux. Les Cévennes, au nord du département, étaient, pour la plupart de ces protestants, une terre de refuge, même si beaucoup y furent encore persécutés. C’est ainsi que commença la guerre des Camisards (1702), car les montagnards cévenols décidèrent de s’armer pour lutter contre cette oppression constante, une lutte qui s’éparpilla un peu partout dans la région.

D’après les historiens, ce fut un conflit de trois ans. Mais la répression contre les protestants ne s’arrêta pas là, mais dura même jusqu’à la Révolution française (1789) où la liberté de religion fut proclamée. Les Camisards faisaient des marches et ne dormaient presque jamais. Réunis en bandes, leurs chefs étaient comme des grands frères pour eux. Un certain Jean Cavalier était le commandant des bandes de la plaine ou du pays d’Alais. Il avait à peine vingt ans lorsqu’il prit ce rôle de chef. Son courage et son ardeur lui valaient l’admiration de ses compagnons et il était même considéré comme un prophète. Le maréchal de Montrevel en fut les frais, car ce dernier perdit un combat contre Jean Cavalier jusqu’à ce que celui-ci finisse par se rendre à Villars. À cause de son air chétif et de sa petite taille, le roi de l’époque n’avait pas vraiment de respect pour le jeune garçon.

XIXe siècle

Nîmes, la capitale du département, a connu un réel boum économique à cette époque et le textile et le commerce faisaient bien vivre la ville. C’est ainsi qu’elle devint aussi une véritable plaque tournante ferroviaire dans les années 1830-1840, période de l’installation du réseau le plus long de France. Cette croissance et cette prospérité furent marquées par l’apparition progressive d’hôtels particuliers dans les villes du département et ses alentours, un nouveau paysage urbain qui prouve la puissance de la région. Toute sorte de projets d’urbanisme ont vu le jour afin de bâtir une ville attrayante. L’industrie de la soie ne se limitait plus seulement à la récolte, mais l’apparition des premiers métiers Jacquard favorisa une mini-industrie de confection. C’est un ouvrier nîmois du nom de Turion qui en fut l’initiateur.

Fin XIXe siècle

Alors que Nîmes et le Gard se plaçaient parmi les grands, Lyon restait aux aguets. Mais pour éviter de se faire dépasser par la concurrence, l’argent de la manufacture textile a été réinvesti dans le vignoble. Dans la partie sud du département, le vignoble des Costières justement a connu une importante prospérité. La construction du canal du Midi n’était que plus favorable à ce nouveau business, et les chemins de fer servaient de moyen de transport au produit final. La région disposait dès lors d’un réseau très performant. Cependant, en 1870, il y a eu une crise du phylloxéra. Les vignes n’étaient alors pas épargnées et c’en était fini de la prospérité. Nîmes pouvait néanmoins toujours compter sur sa gare centrale qui devint un important point de transit du charbon cévenol vers Beaucaire, le Rhône et Marseille.

Le département du Gard, et il est important de le souligner, fut pendant longtemps bercé par d’innombrables cultures venant de tous les horizons. Sa situation géographique exceptionnelle était le facteur de ce grand mélange (latins, provençaux, protestants, camarguais, etc.). Au milieu du XIXe siècle, il y a même eu l’importation d’un divertissement très connu en Espagne, la corrida.

XXe siècle au XXIe siècle

Le Gard de cette époque se renouvela. Sa capitale, Nîmes, décida alors de se tourner vers l’art contemporain tout en n’oubliant pas son riche passé. Parmi les grands projets de cette période, il y a eu beaucoup de rénovation et d’extension de quartiers, surtout vers le Sud. Des architectes et designers de renom ont savamment participé au remodelage de la ville, notamment Vittorio Gregotti, Philippe Starck, Kisho Kurokawa, Jean Nouvel, Martial Raysse, Jean-Michel Wilmotte, etc.

La plus populaire des prouesses techniques qu’ont pu réaliser ces créateurs était la couverture de toile gonflable des arènes de Nîmes, réalisée par Finn Geipel et Nicolas Michelin. Cela a permis à la ville d’y organiser des spectacles, peu importe la saison. Cependant, afin de ne pas prendre de risques quant à la sécurité du bâtiment et des personnes, et pour des raisons évidentes de limitation des dépenses, cette couverture n’est plus présente et ne couvre plus les arènes. La viticulture est toujours omniprésente malgré tout, et la vie culturelle y est très animée grâce à divers festivals dont le département est l’hôte.

En 2001, la LGV Méditerranée arriva dans le département, ce qui a permis de le relier à Paris et de faire le trajet en à peine 2 h 52 min. Encore une fois, ce nouveau réseau redonna un certain dynamisme économique et démographique au Gard. Et en plus de cela, le tourisme accessible de tous y est encore plus développé et participe à la renommée de ce département.

En bref, il est clair que le département du Gard n’est pas un département banal vu son histoire. Son parcours montre bien à quel point il est très intéressant. Alors, pourquoi ne pas y faire un petit tour ?

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